Brèves 

Omid



Version imprimable A l'oeil

mais c'est pas donné



"Je suis athée, Dieu merci
"

Luis Bunuelblaso


La part du visible dans le perçu est assourdissante (c'est osé, non?). Elle influence de façon prépondérante l'idée que nous nous faisons du réel.
Les autres modes préhensiles en sont réduits à la portion congrue.
Submergés par la scène imposée au temps où le ouïe-dire s'est joint au Vu à la télé, lu sur ces saloperies de blogs ou "avertis" par les seumeuseu ou les Twitts, épuisés à tenter de discerner le narratif global imposé proposé, il  est devenu encore plus difficile mais primordial de voir en soi.
Et même tout bêtement, de voir par soi.
Pourtant la rumeur du monde persiste derrière le panneau des paupières, la caresse de l'autre écrit sur ta peau.
Le parfum de l'aube envahit la mémoire.


Question à deux balles: le réel est-il visible?
Fusillades d'images fixes ou animées, flash intermittents, couleurs explosives, réclames criardes, mots imprimés sous la clameur de jingles nous racontent de plus en plus un monde partagé mais intouchable qui a pris la place de l'espace phénoménal (au sens philo du terme, s'pas?), un territoire causal dépouillé du vécu personnel,charnel ou affectif d'où toi (qui que tu sois) s'efface, en résumé un univers sans vaches.
Ce n'est pas les laitiers qui me contrediront.
Ni dieu d'ailleurs qui pour exister dans nos consciences doit éternellement renouveler l'accroche graphique de son invisibilité.
La part du vu-par-tous fait ainsi office de réalité commune et donc, de forum idéal.

Question moins chère:le visible est-il réel?

Voila un hiatus destructeur. Comment l'être peut-il ne s'en remettre qu'à la forme, en deux ou trois dimensions, linéaire ou intercalée, sans souffrir du mutisme où est condamné l'invisible?
L'olibrius qui confie son unique et brève vie au spectacle de la société dans laquelle il croit déambuler est au mieux un escroqué, au pire un escroc (à moins que ce ne soit le contraire)
Car le je ne crois que ce que je vois se réduit en fait à je ne vois que ce que je crois.
Limité.
Comme disait Attala leblase, gynécologue, au chevalier Bayard qui avait du coeur au ventre: "Qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez souffre d'une descente d'organe".


Faut-il s'interposer entre le son des autres et l'illusion du Soi?



Qu'arrive-t'il au monde lorsque l'on bat des cils?
Lorsque le pendant nous est déjà l'après nous?
Un leblase est-il ainsi moins réel à ceux qui ne l'ont jamais vu qu'aux autres?
Pensez-vous encore qu'en ouvrant les yeux le rideau se déchire?
Percevons-nous que l'Histoire tourne en rond sur une ligne droite?

Que de questions ma bonne dame, et à quoi bon?





Version imprimable Trou du cube

assurer le bonheur du peuple

"Quand j'entends le mot échange, je sors mon slip Hadopi"

Christine A., bagagiste rue de Valois
 

La liberté d'expression, c'est comme le foot: la majorité des gens aime beaucoup mais très peu pratiquent.
Il faut dire que toujours comme le foot, c'est fatigant, ça demande de l'entraînement, une certaine agilité et c'est moins agréable sous la pluie.
Mais à la différence du foot, ça ne passe pas bien à la télé, donc impossible de trouver des sponsors.
En France tenez, pays merveilleux s'il en est, il y a un tas de choses: police et gaz à tous les étages, cassoulet et filles aux jupes courtes, ciel bleu et carbone dioxyde, Révolution, Académie, Cuisine, Armée et Météo françaises... ben y a pas de liberté d'expression française.
Ou alors en modèle réduit encadré par des uniformes en bleu, ou des fichiers en masse.
On peut dire que le vent de liberté qui y souffle n'y souffle pas.
Nos législateurs, ploucs de la pensée et nains de la réflexion ontologique ont préféré l'encadrer de peur qu'un citoyen, par mégarde, dise un truc pas prévu qui ferait mauvais genre à table et renverserait le pouvoir: on a donc une ou deux ONG spécialisées dans le bien-disant.
Pourtant les linguistes ayant travaillé sur le processus d'acquisition du langage chez les tout-petits (je parle des enfants) ont observé que la capacité de concevoir les pensées les plus hardies et les plus novatrices est obérée par l'impossibilité de dire les choses les plus extrêmes (même les plus horribles, ma bonne dame).
Par contre ça n'empêche pas de dire et de penser des conneries.

Devant cette pénurie le gouvernement (qui comporte un ou deux génies des maths, faut croire) a décidé de prendre le problème dans l'autre sens, à savoir transformer la sphère privée en boîte cubique genre, heu...geôle?


Si le Français ne parle pas, comment savoir ce qu'il dit?

La société française est donc confrontée à deux options, sachant que la liberté c'est aussi comme les diamants: tout le monde ne peut pas en avoir (et en plus c'est pas éternel).
  • soit on gèle les nouveautés dont les instances en place ne pourraient tirer profit en en criminalisant l'usage (ou en les surtaxant mais c'est moins drôle)
  • soit on gère la misère existentielle au moyen de l'ennui, la vulgarité, la peur et la fiction du gros lot.
Devant un tel dilemme, la République a décidé de prendre les deux options.

Il est entendu qu'entretemps les jeunes sont des criminels en puissance et les vieux des coupables pas encore démasqués.

Je sais, ça ne vous intéresse pas mais moi si et j'ai pas fini.

Comme deux ou trois d'entre vous le savent, une élection législative européenne va avoir lieu; un tiers d'entre ceux qui savent le savent, la majorité des lois s'appliquant en France sont dorénavant initiées ou approuvées par l'UE, majoritairement composée d'étrangers pratiquant parfois des libertés d'expression pas françaises, les veinards.

doit-on se contenter d'une culture muséale?
Il n'échappe donc à personne que l'abstention favorisera les disciplinés, à savoir les gens obéissant à l'extrême gauchedroite, affaiblissant la Commission alors que c'est actuellement le seul rempart institutionnel des individus contre les Immenses Industries Internationales.


un modèle de société est choisi: sauras-tu le reconnaître?

Mais c'est surtout le meilleur moyen de modérer les dérives d'un pouvoir politique français terrorisé par la population qu'il est censé administrer.
Il vaudrait mieux, donc, que les courges de libres penseurs que sont les zyeuxmuets courrent les burnes bourrent les urnes afin de maintenir un minimum d'élasticité politique et qu'on puisse, grosso modo, retarder la robotisation de nos chers descendants.
Je sais que ça vous rase, mais la barbe ça repousse.

Et puis, dois-je nécessairement écrire pour vous plaire, ou vous plaire pour écrire?
Le fait de ne pas aimer les animaux domestiques est-il compatible avec le cynisme?
J'écris ça en écoutant la sonate D960 de Schubert, jouée par Clara Haskil: faut-il interdire les fous à défaut de la folie?
Les jours vont-ils continuer longtemps à s'allonger comme çà?


Version imprimable En savoir ou pas

se la raconter en s'oubliant


"Et comme tout présent état d'une substance simple est naturellement une suite de son état précédent, tellement que le présent y est gros de l'avenir."

Leibnitz, la monadologie


Tiens, ça faisait longtemps..
A croire que j'avais oublié l'existence du shplouc. Des commentateurtrices. De Leibnitz. Des zyeuxmuets.
Du café, du clavier, de l'électricité, de mes doigts de pied.
De vous et de moi.
Serait-ce parce que, de vous et de moi je n'aurais plus retenu que moi?
C'est possible, éventuel, afffreux ou alors autre chose que mes conversations avec Kim-Il Sung auraient inspiré.

Mais je reviens, car le monde n'a plus besoin d'être sauvé: il est perdu.
Qu'on le veuille ou non il nous échappe, il nous évite, il nous élude.
A vous tous éminents bouddhologues, je rappellerai brièvement que Gautama (le nom du Bouddha sur son permis de léviter) était fils de roi en Inde. On avait prédit à son père qu'il lui succèderait pourvu qu'on l'empêchât de voir trois choses:
la misère
la vieillesse
la mort.

Résultat tous les vieux schnoks les RMIstes et les crevards étaient tenus à l'écart
.

Un concours de circonstances fit que ces trois stades de la vie lui apparurent alors qu'on le trimbalait en mobilehome.
Du coup, paf.
Questionnements, méditassebec, illuminachose, nirvanage.
Spinoza en aurait conclu qu'il est difficile d'éviter l'inévitable.

Comme vous le savez, des circonstances hyper-bouddhisatrices de misère et de mort (pour la vieillesse on n'a que des congrégateurs), leblase moi-même en a vu mais ces temps-ci ça a frappé plusieurs fois dans ma famille, dans mes amitiés, dans la proximité.
Par exemple un ami de vie, condamné et qui le sait.
Quelqu'un avec qui j'ai déjà partagé l'épreuve de la mort, mais qui malgré sa jeunesse va me devancer d'ici quelques jours (c'est peut-être fait au moment où vous lisez ces lignes) pour la prochaine séance.
Qui sait que je sais: le mensonge devant la fin ne peut exister; son regard a déjà cette puissance qui passe à travers l'ego, les peurs, les manières.
Les regards qu'on échange se passent des yeux et viennent de l'âme.
Par exemple, un blog consacré à la crémation d'un autre ami dont j'accouchai la fille.
Par exemple, un confrère compagnon assassiné là-bas.
Par exemple, le don de celle qui guide sa mère dans une mort naturelle, mort repoussée tant l'énergie vitale est obstinée, mais mort quand même.
Mort qui étrangement proclame la victoire de la vie, et prouve que la Vie n'est pas la nôtre, ni même celle de nôtre fameuse espèce humaine.

Je constate que la fin donne faim.

Ajoutés à l'augmentation du coût de la vie et du paradoxe qui fait qu'on y tient quand même, ces phénomènes humains m'ont déblogué.
Là-dessus un jeune homme de 15 ans et une jeune fille de 13 ans m'ont appris où est le trou dans le noir sur le temps en me demandant de leur en apprendre sur moi: comme dans le métro ou le TGV il y aurait donc une motrice à chaque bout?

Ainsi suis-je, frais comme un gardon en plastique, repeint en fluo et constatant cette constatation: chaque chose que j'apprends m'apprend que ce que j'ignore augmente.

Du coup, la sagesse ne consisterait-elle pas à ne plus chercher à savoir?
Savoir que leblase en sait plus vous convainc t'il qu'il en sait moins, et vive-versa ou vice-versa?
Savoir qu'on sait étouffe-t'il l'âme?
Faut-il éviter ceux qui savent?
A quoi les reconnaît-on?
Le savoir des uns nuit-il à celui des autres, de la même manière que notre ignorance se conforte dans celle d'autrui?
Pourquoi l'orange est-elle amère?


Version imprimable truc


"Le bon sens a dû tomber dans le trou"

Gilbert L, Prix Nobel de géographie

Parlons peu, à défaut de parler bien.
Depuis quelques semaines la foule est inondée, matraquée, gavée, saoulée de communiqués liant tout soudainement la Grande Ruine Universelle aux mauvais agissements de gens (qu'on viendrait de démasquer! sisi!) s'enrichissant sans vergogne au détriment des andouilles qui les ont crus.

Lesquelles andouilles croient à présent les sources informées qui les informent.

Lesquelles sommités informantes (la presse, donc) exercent leur mission sacrée selon un système reposant sur la copie du voisin, l'absence d'introspection et de perspective ainsi qu'une mémoire auto-effaçable de trois mois en moyenne.

Qui comparait la télé au marchand de sable?
Tout ça crée un bruit de fond constant, un regard brouillé et une conscience partagée tels que le zumain encore capable d'écouter son bon sens devient une espèce de truc bipède en voie de disparition.

Donc, le monde s'écroulerait. Les banques n'ont plus de fonds propres, les usines plus d'investisseurs, les professionnels plus de boulot, les marchands plus de produits et les clients plus d'avenir.
même la Chine n'aurait plus de Chinois
Une telle calamité politiquement correcte serait soi-disant irrémédiable, irréversible, affreuse, à la fois gratuite et coûteuse et ne nous laisserait que quatre options salvatrices:
  • nous morfondre, si possible scotchés devant la télé pour attendre entre deux pubs le retour à l'âge de pierre (non Mitra ce n'est pas l'âge de leblase).
  • adouber les solutions définitives bien que contradictoires de responsables politiques paumés mais convaincus qu'il faut cacher aux masses que la vérité, qui est encore pire, débouchera sur encore pire que la vérité.
  • écouter plein de gens qui n'y comprennent que dalle en profiter pour nous livrer des yaka à la tonne.
  • A l'heure où nous mettons sous presse, la quatrième option n'était pas encore débarquée du bateau (note des Éts leblase)
A moins que ce ne soit le contraire, comme d'hab'.

Cette crise pagaille ne représente t'elle pas l'occasion de reprendre sa vie en main ou voir la réalité en soi, de la même manière que l'hiver le plus noir débouche toujours sur un printemps peuplé de femmes-fleurs ondulantes?

D'accord pour la vue d'ensemble

mais tâchons de parler entre humains réels

La forêt ne nous cacherait-elle pas l'arbre?
Les milliards qui s'envolent gêneront-ils la migration des oiseaux?
Ce billet a t'il un sens caché?
Préférez-vous 00 ou 000, voire même 0000?
L'amour est-il pris en compte?
Quand est-ce qu'on mange?
 


Version imprimable Le milliard nodal

Divine connection

"Les cimetières sont pleins de gens indispensables"

Charles de Gaulle


J'avais enfin trouvé un sujet d'article à la fois cohérent, compréhensible, chic, capable d'améliorer la vie de trois ou quatre milliards de gens, et pas très intéressant.
Donc adapté au shplouc.
La crise pognon, avec ce président Obama plein d'idées folles comme créer un équilibre entre les pauvres et les riches, moderniser cette vieille chose que sont les USA, relancer l'économie et ramener la paix tout en bombardant plus d'Afghans.
Son plan global, qui ne coûtait que $875 millliards; une bricole sachant que vont tomber(trions les trillions) la dette des entreprises US, 3 trillions; la dette des cartes de crédits, un trillion; le trou des banques, entre un et deux.
Ceci, après l'écroulement financier.
Mais ses opposants voulaient ressembler à des gens soucieux du fric qu'ils ont contribué à faire disparaître.
(Ouioui, le fric peut disparaître. C'est pas qu'il va ailleurs ou qu'on le vole: il cesse d'exister.)
Ils rayèrent donc des tas de trucs du plan, y compris $1,4 milliards destinés à connecter au haut débit (ma marotte) tous les Ricains même les ploucs largués là-bas au Texas, les bouseux paumés dans l'Idaho, les Blackfeet coincés dans les mobilhome cassés du Montana.
Dommage quoi, ces gens-là auraient pu faire partie du XXIème siècle et au passage me donner un argument pour qu'on en fasse autant en Afrique.

C'était ça mon billet.


Faut-il aller droit vers l'avenir?

Mais paf!
Holy Jesus... Voila que l'évêque désexcommunié annonce qu'il a le nez bouché et ne sent pas le gaz qui aurait tué des juifs (il a aussi réussi à réduire le nombre des morts de 6 millions à 300 000: trop fort)
Du coup mon billet passait de la chute du fric à la repeinture de l'Eglise Catholique (un milliards d'inscrits), menée à grands coups de Kompressor par Ben Oït qui y réintègre non seulement des plus réacs que lui (si, ça existe) mais aussi ce vieux truc de prière pour sauver les Juifs de l'Enfer.
Or il convient de se souvenir que l'ancien canon condamnait de déicide non seulement les Juifs contemporains du Christ, mais également ceux d'aujourd'hui, par un tour de main héréditaire original qui permet tant de dérives à la Wiliamson.
A propos de tour de main...

L'Eglise doit-elle vraiment tout réintégrer en son sein?

Pour une fois que le shplouc allait s'atteler au présent...
Bref, j'avais un autre billet.

Puis j'apprend qu'Avidor Lieberman, un personnage peu reluisant qui a déjà tenu nombre de propos fascistes, veut déporter tous les Arabes Israeliens vers Gaza et est par ailleurs ministre israelien, aurait 15% de voix dans les sondages...
Et surtout les voix de plein de jeunes...
Qu'allait devenir ce billet me dis-je devant tant de grandeur humaine? Moi qui n'ai plus le temps, et tout çà?
Trouverai-je une bonne nouvelle?

Vous voyez que ça ne vous intéresse pas.

Heureusement, Bilou m'apprend qu'on dépense plus pour vaincre la calvitie que pour la malaria. C'est important, car à partir de là se posent des questions de fond:

l'argent, qui ne fait pas le bonheur, améliore t'il la planète en disparaissant?
Le shplouc, qui dérive, peut-il remplacer la paella?
Paula, qui boude, reviendra t'Elle?
La pédagogie, qui n'est pas l'enseignement, doit-elle être considérée comme une science fondamentale, bien que sociale?
La masturbation, qui rend sourd, immunise t'elle aussi contre la tuberculose?
La perte de cheveux, qui rend chauve, est-elle causée par la réflexion?
La rhubarbe, qui se fait en compote, fera t'elle partie de la relance mondiale?





Version imprimable blog des moins

de plus en plus

"J’aime mieux
Peindre un marteau qu’enfoncer un clou, De Kooning
Filmer un marteau qu’enfoncer un clou, Eisenstein
Vendre un marteau qu’enfoncer un clou, J-L Bricorama
Brûler un marteau qu’enfoncer un clou, évêque Cochon
Ecouter un marteau qu’enfoncer un clou, Peete Seeger et Lee Hayes
Arborer un marteau (et une faucille) qu’enfoncer un clou, Marx et Engels
Acheter un marteau qu’enfoncer un clou", Emir Ad Walleh, Abu Dhabi


L'Histoire ne ressemble-t'elle pas à un portillon qui nous parle du passé et nous dissimule ce que notre présent a de pathétique pour le futur: à la fois la somme et la preuve de notre ineptitude?

Il est si simple de se plaindre qu'avant c'était mieux, commode de se dire que tout s'arrangera, facile de clamer qu'on ne savait pas, pratique d'affirmer qu'on ne pouvait pas prévoir.


Oh?

Ohh....

Les deux secondes que représente une vie humaine à l'échelle de l'Histoire arriveront inéluctablement dans un manuel scolaire à l'appréciation de ceux qui, du futur, nous observent et nous jugent pour autant d'aveugles et de myopes que nous fûmes, sommes, serons.
Au moins, étant gâteux ou décédés on ne les entendra pas se demander pourquoi et comment nous avons laissé commettre ce que nous-mêmes reprochons aux gens des années nazies, staliniennes ou khmers rouges.
On n'aura pas à expliquer à nos descendants que nos merveilleux outils ne nous ont pas permis de joindre les deux bouts ou de faire de l'avenir un truc abordable pour tout le monde.

Bien sûr entretemps, il y a eu le progrès

Au début, l'herbe se dégradait

aujourd'hui on plante de la dure, qui dure
Bien sûr, on a ressenti les choses, essayé des trucs, gueulé contre Machin, parfois plus.
Mais l'Homme est resté l'Homme.
Ce qui est bien, comme tout ce qui est mal.
Serait-ce parce que l'Histoire ne peut être détournée de cette implacable logique qui nous fait broyer du Noir (et du Blanc, du Jaune, du Basané, du Sémite)?
Vous faut-il un shplouc 100% récréatif, 50-50 récréatif-récréactif, 100% qui se la pète?
Eprouvez-vous, à votre échelle personnelle, le sentiment de l'accompli?
Une impression d'achèvement?
Avez-vous résolu kek'chose, pour vous ou pour d'autres que vous?
Ça vous a suffi?
Pourquoi suis-je intimement persuadé que 2009, malgré une catastrophe, sera une année globalement meilleure pour les humbles?
Avez-vous la Légion d'Honneur?


Version imprimable Faims damnées

pauvres riches

Il paraît que le monde est en train de changer. Les pays riches apprennent à être moins riches mais tout de même plus que les pays pauvres, qui eux apprennent à redevenir misérables.
Entretemps, beaucoup de pays qui émergaient submergent.
C'est passionnant.
Je serais banquier ou financier, j'aurais du mal à croire en ma bonne fortune: non seulement je saurais que j'ai fait n'importe quoi avec l'argent des autres pour qu'il devienne le mien, mais en plus voilà que les gouvernements réunis autour de tables si rondes qu'elles en deviennent ovales décident avec toute la gravité et la solennité qui s'imposent, de détourner l'argent des états donc le votre pour me renflouer et me permettre de continuer à faire ce que je sais si bien faire: me planter sans payer les pots cashés cassés.
Je vous le dis, ce billet pourrait déchirer.

La vie est un rêve quand on dort sur un matelas de devises.

Seulement voilà, je ne suis pas le taulier de placetonfric.com:
les zyeuxmuets ou les commentateurtrices n'ont pas envie d'une chronique économique ni d'un numéro vert pour crédules abusés.
Ils lisent déjà dans la presse des propos aussi bidons qu'alarmistes, donc ils savent que ce qu'ils savent, ils le savent trop tard.

Bien sûr, ils peuvent taper le carton avec leblase et ses potes (ici de vieux pirates),
mais ça détourne très peu ces temps-ci
: les pirates ont des cravates
Pourtant c'est les fêtes! Parlons d'autre chose et réfléchissons à un billet léger et profond, universaliste globaliste, humaniste et localisé, religieux et plein de magie, puisque l'étude de marché commandée par les Ets leblase le prouve:il y a une forte demande de miracles.
Croyez-vous que le petit Jésus et sa manman s'ils venaient aujourd'hui logeraient:
  • Dans un hotel Formule1 (29,90€)
  • Dans une tente le long d'un quai parigot (là, c'est le coup de matraque)
  • Chez Liliane Bettencourt (un milliard est toujours possible)
  • ailleurs (no limit)


Le monde change, parait-il.
Est-ce nous qui le changeons? Nous qui changeons?
Est-ce le monde qui nous change?
Le fait que les autres savent que le monde change nous change t'il?
Faut-il changer si c'est pour se refaire?


Version imprimable les mots tordus

Le mot feu ne brûle pas, mais le mot terreur terrorise

"Un paranoïaque est quelqu’un qui dispose de tous les éléments"

William S. Burroughs


Les commentateurtrices de ce shplouc ont démontré depuis le début une aisance sémantique supra-normale, alimentant les soupçons d'immigration extra-terrestre illégale.
A les lire on en viendrait à penser que les mots mais aussi les sens seraient réels, donc élastiques.

Un nouveau préz amerloque pourrait faire beaucoup en cessant d'utiliser l'expression ignoble, terrorisante et idiote de "guerre à la terreur" pour juste dire "lutte anti-terroriste".
Ses concitoyens n'auraient alors plus l'impression d'être enfermés dans un batyscaphe national à la con et pourraient rejoindre un monde rond, circulaire et, osons le dire, vivre à peu près dans la même planète que vous, leblase et Babar.
 

Pensez-y: 300 millions de gens ont été enfermés par le mot freedom.
 
En France aussi, nos incomparables dirigeants devraient changer leurs mots et les idées qui rampent derrière.
Qu'a dit, entre autres phrases qui lui vaudront une gloire éternelle, Sa Blondeur par ailleurs ministresse de l'intérieur (wow! L'Intérieur...) lorsque la police a investi deux fermettes corréziennes pour saucissonner aussi sec leurs occupants (aux analyses plutôt poétiques- mais aux propositions plutôt nulles) soupçonnés d'arrêter les trains et les jeter en garde à vue antiterroristomachin?

D'abord, qu'un des éléments inquiétants était qu'ils n''utilisaient pas de téléphones portables, mais se servaient de cabines de téléphone publiques.
Insensé!
Seuls de dangereux pervers opposés à nos chers opérateurs et donc au monde, seraient en effet susceptibles d'arrêter des tégévés!! et re!

Observez: ces deux hommes se livrent au terrorisme

Encore plus fort
(en bas): un pigeon-voyageur terroriste, en cas de panne de téléphone! 
Pourquoi d'ailleurs n'ont-ils pas utilisés lesdites cabines pour barrer la voie ferrée? ils sont bêtes en plus, ces corréziens.

Ensuite, elle les a dénoncés sans pitié comme faisant partie de l'ultra-gauche.
Un peu plus, elle les traitait d'über sexuels!
Mes contacts avec l'Académie Française me confient, sous réserve de respecter leur anonymat (ils ne sont que 40, arrêtez-les tous), qu'ultra serait ni plus loin ni plus haut ni plus profond qu'extrême. Ce serait ailleurs.
Gauche ailleurs, donc.
Justement la gauche modérée me paraît complètement ailleurs: qu'on les arrête aussi, même s'ils ont un portable.

Notre ministre devrait plutôt se pencher sur le cas nauséabond du député UMP déposant un amendement (844, siouplait) visant à taxer les "les services qui fournissent, dans un but commercial, des contenus audiovisuels à la demande, même à titre secondaire", c-à-d youtubemyspacefacebookdailymotion et filer au CSA la charge de "protéger les jeunes, grands utilisateurs d'écrans".?
Car les mots de cet homme, transformés en loi, sont un danger pour la France entière, ta-tsouin!

non-utilisateurs d'écrans..

Voilà un monsieur à qui on devrait interdire l'utilisation de microphones et renvoyer dans la secte, le monastère inquisitorial ou le parti religieux iranien qu'il n'aurait jamais dû quitter.

Etes-vous terrorisé?
La façon dont les jeunes se sont emparés du Net leur permet d'échapper au pouvoir, au discours établi, à la publicité, voire au mercantilisme: sont-ce les premiers pas vers la terreur?
Tous les mineurs devraient-ils se rendre en uniforme au stade pour chanter l'hymne national chaque matin à 5 heures devant l'image de nos vénérés leaders, munis d'un portable?
Pensez-vous raisonnable de laisser la jeunesse inventer ses propres modes d'échanges?
Ceux qui veulent tout le temps protéger la jeunesse (contre elle-même, bien sûr) ne sont-ils pas les mêmes éternels pleûtres coincés qui depuis la nuit des tempstentent de figer un monde qui leur échappe?

C'est quoi la jeunesse?

Vouloir contrôler (en les faisant payer, eux qui n'ont pas un sou) les moeurs des générations montantes n'est-il pas le signe d'un arrêt sur image mental?
L'absence de pensée dynamique n'est-elle pas plus dangereuse que les mots idiots (même s'ils sont proposés à l'Assemblée)?
Avez-vous remarqué combien les responsables qui pleurent sur les victimes sont promptes à rogner les libertés individuelles?
Parlé-je de politique française parce que j'ai un train à prendre?
A quelle heure?


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