Version imprimable Je penche donc je fuis




"C'est beau l'Océan, mais que de terrain perdu!"

Maupassant, in "Monnier"



On se dit c'est ben triste, va.. Tous ces gens qui ont des catastrophes en veux-tu en voila, que je te massacre au Congo/Guinée/ailleurs, que je t'opprime en Birmanie/Corée du Nord/Zimbabwe, que je te mets des bombes antifoule en Irak/Afghanistan/Pakistan/ailleurs, que je te crève de faim en Ethiopie/Corée du Nord (encore?)/Zimbabwe(encore?)/ailleurs et que je te secoue la terre en Haïti/Indonésie/etc.
Sans parler de la police politique, la terreur, les tortures, l'arbitraire, les clowns, etc etc.

Ce qui fait dire à certains que puisque nous vivons dans une société si mieux meilleure si bien bonne, on n'a aucune raison de restreinde cette surveillance qui nous protège: vivent les caméras dans la rue, les contrôles faciès, Loppsi,les scans intégraux et les profilages.


du genre, j'ai rien à cacher

Parce que nous, t'vois,qu'est-ce qu'on a comme cata? la crise.. Que dalle, quoi.
Et encore on appelle ça la Crise avec un grand c comme dans Cul et Chemise pour faire bien, mais au bout du compte chacun prend sa bagnole pour pointer au chômage une fois lancé le programme de la machine à laver/lave-vaisselle/four/enregistreur DVD.
Comment ça se fait qu'on est si bien si heureux?
Si libres.
C'est qu'on est en plein Droits de l'Homme, qu'on vote, qu'on est républicains, civilisés depuis avant tout le monde toujours longtemps un moment et qu'on le saurait si on était, heu..muselés.

Une société éclairée, une démocratie ouverte.
Comme nous.
Cette administration de nos vies qui nous permet toujours d'envisager l'impossible, grâce à l'égalité des chances, que y a pas à dire c'est pas pareil partout mais ici, si: il suffit de connaître quelqu'un.

Vu qu'on est presque tous quelqu'un, y a une issue à tout
 
Bien sûr, Toute cette richesse, ce bien-être, cette immense culture dans laquelle nous baignons du soir au matin et qui nous permet de déceler le Bien du Mal ne serait rien si nous nous fermions à ce qui nous entoure. Or il n'en est rien:
 

toujours nous gardons une fenêtre sur le monde

Et une fois qu'on a regardé le monde, ben on est contents de rentrer chez soi, hein; confiants dans nos instances dirigeantes qui savent ce qu'elles font, nos juges intègres, nos journalistes impartiauxet lucides, nos profs consciencieux et syndicalisés, nos intellos écorchés au chouette look. Sans oublier le web, hein: lemonde.fr, CNN.com, leblase.net, pravda.ru, bbc.uk.co, services-publics.nkm, lepape.god, etc.etc, qui maintiennent une veille sur la liberté, l'ouverture d'esprit qu'on n'a pas, par exemple, là ou là.

Des fois qu'on serait terroristes ou pédopornograves

Cette sérénité officielle ne ressemble t'elle pas au bonheur Total?
Ces richesses disponibles ne nous confinent-elles pas dans notre propre absurdité?

Ce consensus condescendant sur les désordres des banlieues (voleurs ou voilées), cet apitoiement consterné sur les crimes sordides des petites gens (chérie, t'as mis le bébé au congélo?), ce juste courroux face aux vilains voleurs d'élections (putains de religieux politiques/militaires sous coke/partis politiques clientélistes, va), ces larmes éclairées sur les malheurs des autres (t'as vu, les vacances à Haiti ou au Yemen c'est rapé) sont-ils sincères?
Ne croyez-vous pas plutôt qu'on nous les sert comme garde-fous?
D'ailleurs, êtes-vous du côté des gardes ou du côté des fous?


Version imprimable Avoir à voir

sans sous-entendus


"L'arbre n'a pas de côté,
l'Océan est sans milieu.
A quelle hauteur commence le ciel?"

 
                                                                                          Léonce leblase,
Discours sans fonds,1487


Aujourd'hui où le réel partagé est soumis à des affirmations technico-scientifiques péremptoires et des définitions social-politiques définitives, comment ne pas de temps à autre se révolter que la place de l'intériorité, -où se situe pourtant le peu de vie personnelle de conscience-, diminue?
Dans la rumeur assourdissante des proclamations qualificatives qui nous contrôlent, dans la cacophonie des définitions aussi absurdes qu'officielles de santé et de normalité, la marche à travers notre époque nous demande une exigence et une innocence volontaire de plus en plus inatteignables.

Le combat pour la perception du réel se fait contre la réalité vécue.

Peut-être aussi parce que nous prenons pour définir la vie un mauvais élément: notre petite existence se déroulerait dans un laps de temps, commençant à l'expulsion hors des parois de nos mères jusqu'à l'expiration finale, la fuite de l'âme hors du corps.
Une histoire d'emploi du temps, en somme.
Paradoxalement cette vie est rarement définie, -malgré l'expression de "notre passage sur Terre"-, comme l'itinéraire d'une promenade dans un espace qui tourne.



le monde, c'est un point de vue

Du coup lorsque l'on nous dit que le monde est monde, nous ferions mieux de chanter sous la chasse d'eau: ce monde d'avant, pendant et après nous ne vous semble t'il pas l'élément le moins figé, le moins permanent, le moins universel qui soit? L'élément à la fois partagé mais jamais échangé entre nous?(ou l'inverse)


ce qui apparemment saute aux yeux de tous
L'ensemble humain, limité par les mots qui l'engagent, rétréci par les associations d'idées qui l'enclavent, effaré par l'immensité qui l'entoure, déambule en troupeau, mange ce qu'on lui enfonce dans le gosier, écoute ce qu'on lui crie aux oreilles, regarde l'univers par le trou qu'on lui désigne. N'est-ce pas une vie de couloirs?


un point de vue comme trait de vie
Vient un temps où à force d'être guidé par ces icônes qui ne sont que des panneaux, ces platitudes gravement assénées qui sont autant d'offenses à notre désir d'une vie sans clôtures, ces injonctions mille fois entendues sur le Bien et le Mal, le sens échappe et nous nous rabattons sur le symbole, incapables finalement de voir le Saint, la Vierge, le Sage lorsqu'ils sont devant nous ou en nous.


au point où l'on devient la vue
Quand alors il vous incombe de dire votre dit, faut-il clamer que la vérité paraîtra un mensonge? Se souvenir qu'on vous en voudra d'avouer que nos semelles sentent encore la fange où nous enfermons les plus faibles? Annoncer que la nécessité de donner oblige à déchirer le coeur, à dévoiler la douce image de l'innocence, cette blanche candeur qui n'est qu'aveuglement.

Combien de fois par an vous réveillez-vous à vous-même?
Espérez-vous vraiment qu'une fois clamcé vous irez dans un camp de vacances éternelles?
leblase est-il devenu mystique à la suite d'une chute de vélo?
Après le repas,supportez-vous facilement le mensonge de la réalité?
Le vertige ouvre t'il à la lucidité?

Combien coûte aux vivants votre simple existence?


Version imprimable Tranches de vues

sans les mains


"La charya c'est vraiment dégueu"

MAM,Coupures de presse

"Mesurer, c'est mentir"
Gordano Bruno,circa 1595

Le rationalisme c'est vraiment n'importe quoi.
Plus ça va plus on réalise que la vision occidentale du monde et des lois universelles, anthropocentrée à l'extrême, reproduit un monde de délire.
En dehors de percées et dominations technologiques (souvent dues aux guerres), quel modèle de civilisation offrons-nous, gaulois, bataves, goths, rosbifs et pionniers amerloques (je passe les autres pour économiser l'espace) que nous sommes ?
Hmmm?
Je vous l'demande.

Que voyons-nous de la Terre ?
Ce n'est pas trop dans le domaine des Arts, de la Culture, du rapport humain, du sens de l'Histoire qu'on peut se poser en modèles durables hein.
Parce que dans ces domaines-là, on est déjà tournés vers la fin: que ce soit Damien Hirst, les débats télé, Samuel Huttington (ou FKK...non je rigole) ou l'anémie spirituelle généralisée, il paraît clair qu'on n'avance... que vers la chute.
En un sens l'impermanence et l'éphémère, désormais magnifiés par l'instantanéité de parution que nos outils procurent devrait nous offrir l'illumination bouddhique.
A la place,que dalle:
la réalité est un objet de consommation/consolation:
jetable

On est parvenus à un tel niveau de bouillie intellectuelle collective qu'on se retrouve avec des politoches, ministres de surcroît qui, face à leur incompétence et l'irréalité de leur condition envisageraient les amputations punitives légales.

Ce degré zéro de la créativité politique illustre l'impasse actuelle de notre partie du monde (Bonjour aux zyeuxmuets chinois qui envahissent les stats shplouquiens), où le sacro-saint rationalisme triomphant est confiné au service d'une logique de la rapacité.
La planète s'épuise, la mine d'or s'assèche.
Donc cessons d'être rationnels sans cohérence, deux minutes. 
De quoi nous permettre de comprendre pourquoi, de quoi et en quoi nous vivons.
Pourquoi, en quoi et de quoi nos enfants vont vivre.
Car si la Terre est notre maison
 
Nous n'avons jamais été seuls à y vivre

Changeons de place avec l'autre.
L'Autre nous.


Faut-il vraiment que nous prenions pour modèles ceux par qui le malheur arrive?
Croyez-vous que les filles portent des culottes assorties à leur burqa?
Pensez-vous qu'il y a des lois uniques, dans un univers unique?
Les pauvres sont-ils forcés de rêver à devenir riches, les faibles à devenir puissants?
Avez-vous un peu de plutonium de Cadarache à me filer (paraît qu'on s'est gouré dans la compta, et qui'y a du rabe de libre)?
Et aussi: les femmes nues sont-elles plus susceptibles d'attrapper la grippe A que les tanards boîteux de Fix?
 


Version imprimable A vot'bunker

organe lourd


"La question est un projectile"

                                                                                                            Baap Bloum, extraits


C'est un lieu commun de dire que l'usage du Net, des blogs, des réseaux sociaux, twit et autres vadrouilles virtuelles nous isole.

Le promeneur urbain, à Paris, New-York ou Tokyo peut en témoigner: c'est un lieu commun à deux balles.

Ce qui nous isole avant tout est notre petit corazon, nos petites peurs, nos grandes illusions et notre aptitude relative à supporter l'inconnu vital.
Le comportement de l'individu moderne parle d'une société de cercles relationnels restreints: le balladeur fourré dans les oreilles, les yeux tournés sans cesse vers les miroirs en quête d'un Soi en 2D, la parole réservée au téléphone portable ou encore, toute cette affectivité orientée vers le p'tit chien qui crotte.


Le toutou guérit tout

L'ouverture aux autres, comme le refus du monde s'expriment aussi bien dans nos escarpins que devant nos écrans: dans notre faculté à différencier ce qui est de trop de ce qui nous manque; dans notre réponse à l'inattendu ou notre attitude devant les repères assumés.
Pour autant, les activités humaines les plus quelconques (je me rase à 7h23) sont amplifiées sur le net au point où le sens de la mesure y perd encore plus son latin. A se demander s'il reste un peu de place pour partager un vagabondage intérieur entre l'évitement permanent dans la strate présentielle et l'exagération, la mise en loupe du virtuel.

Chacun vaquant avec sa petite lucarne sur le monde
Ah lala tout ceci ne favorise pas le choix: croissant ou mille-feuilles?
Comment par ailleurs faire abstraction de la valse narcotique omniprésente en ville? S'agît-il d'arrondir les angles, d'éthérer le voisinage, d'amollir la dureté des rapports, de flouter la saturation ou de cotonner le fait que la moitié des citadins vivent seuls?
Ce constant brouillage du ressenti doit-il être différencié ou reconnu part intégrante de la naturelle difficulté d'être, de la démarche existentielle propre à l'humain?
Allons-nous vers quelque chose de commun de nos propres pas ou sommes-nous conduits vers l'abattoir de la conscience dans un corral sophistiqué, dépourvu d'angles et retouché?
Avez-vous arrêté de fumer?
La bonne parole échangée sur le web a t'elle moins de sincérité que la bise sociale obligatoire?


Le coeur perce t'il mieux le béton ou le binaire?


Version imprimable Le démentir

Quand le dément tire, la vérité plonge


"Quand le fou dit qu'il pleut, la pluie ne mouille pas moins"
Albert leblase, météorologue
 
A Kate, qui nous aurait quitté (qu'elle démente!)

Le fin fond fait le feint du fin dans nos sociétés achte sophistiquées, pourtant lorsque le vernis craque  - et il craque plus souvent qu'un Iphone- il nous est devenu de plus en plus difficile de nous reconnaître dans la vérité toute nue.
Parce que démêler le vrai du faux est aussi difficile pour l'oeil fureteur qu'admettre qu'une pomme est un fruit pour un sophiste.
D'ailleurs une pomme est plusieurs. On peut être une pauv'pomme ou une pomme d'Adam, d'api, de discorde, de pin, de c'que tu veux, et enfin de terre.
il nous est devenu ardu de reconnaître la vérité toute nue parce que tout ce qui est tout nu nous trouble, surtout quand c'est un humain (alors vous imaginez, si c'est une humaine!).

Donc on habille
Mais bon, on ne peut pas en rester là en 24/7 toute l'année, durant toute une vie. A déguiser ce qui nous semble juste sous les oripeaux d'une nouvelle morale aussi répressive finalement que celle qui prévalut en Occident à la fin du XIXème siècle et en partie jusqu'aux années 60. Ne sont pas Taliban que les Pashtounes. Aussi craque t'on devant l'envie de dire que le nu n'est pas seulement un attirail de vente.
 
Le nu est nous.

Dussions-nous pour celà nous replonger dans la pâte initiale.

Ces temps-ci l'internet en prend plein la tête, coupable de tous les maux qui apparemment n'existaient pas avant (contrefaçon, rumeurs, approximations, pédophilie, empêchage d'apprendage de leçons par les ptits élèves, trafics divers, haine et j'en passe).
Serait-ce parce qu'on peut encore y dire notre part de vérité?

Comme d'hab' on nous dit que le reste est vrai (le reste: maigrir de 3 kilos en deux heures, l'Europe a des valeurs morales, liberté égalité tiercé fraternité, Angelina J et Brad P sont des gens heureux beaux et formidables, le gouvernement empêchera les vilains banquiers de s'en mettre plein les poches de façon pas bien, et caetera et caetera).

N'est-ce pas là un double mensonge, voire un triple si l'on veut bien revenir au principe que le virtuel participe autant du réel que le chausson aux pommes?

Quand le Roi n'est pas nu, porte t'il des jeans?

Lorsque les souvenirs partagés avec vos enfants/parents/fratrie amant/épouse/amis sont si différents, démentez-vous leur vérité ou vous enrichissez-vous de la nouvelle couverture qu'ils vous offrent?
Pourquoi les Ets leblase rouvrent-ils?
Donner à un élément le statut de réel sert-il à le menotter ou à ouvrir une porte?

Est-il dément de démentir?
 


Version imprimable A l'oeil

mais c'est pas donné



"Je suis athée, Dieu merci
"

Luis Bunuelblaso


La part du visible dans le perçu est assourdissante (c'est osé, non?). Elle influence de façon prépondérante l'idée que nous nous faisons du réel.
Les autres modes préhensiles en sont réduits à la portion congrue.
Submergés par la scène imposée au temps où le ouïe-dire s'est joint au Vu à la télé, lu sur ces saloperies de blogs ou "avertis" par les seumeuseu ou les Twitts, épuisés à tenter de discerner le narratif global imposé proposé, il  est devenu encore plus difficile mais primordial de voir en soi.
Et même tout bêtement, de voir par soi.
Pourtant la rumeur du monde persiste derrière le panneau des paupières, la caresse de l'autre écrit sur ta peau.
Le parfum de l'aube envahit la mémoire.


Question à deux balles: le réel est-il visible?
Fusillades d'images fixes ou animées, flash intermittents, couleurs explosives, réclames criardes, mots imprimés sous la clameur de jingles nous racontent de plus en plus un monde partagé mais intouchable qui a pris la place de l'espace phénoménal (au sens philo du terme, s'pas?), un territoire causal dépouillé du vécu personnel,charnel ou affectif d'où toi (qui que tu sois) s'efface, en résumé un univers sans vaches.
Ce n'est pas les laitiers qui me contrediront.
Ni dieu d'ailleurs qui pour exister dans nos consciences doit éternellement renouveler l'accroche graphique de son invisibilité.
La part du vu-par-tous fait ainsi office de réalité commune et donc, de forum idéal.

Question moins chère:le visible est-il réel?

Voila un hiatus destructeur. Comment l'être peut-il ne s'en remettre qu'à la forme, en deux ou trois dimensions, linéaire ou intercalée, sans souffrir du mutisme où est condamné l'invisible?
L'olibrius qui confie son unique et brève vie au spectacle de la société dans laquelle il croit déambuler est au mieux un escroqué, au pire un escroc (à moins que ce ne soit le contraire)
Car le je ne crois que ce que je vois se réduit en fait à je ne vois que ce que je crois.
Limité.
Comme disait Attala leblase, gynécologue, au chevalier Bayard qui avait du coeur au ventre: "Qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez souffre d'une descente d'organe".


Faut-il s'interposer entre le son des autres et l'illusion du Soi?



Qu'arrive-t'il au monde lorsque l'on bat des cils?
Lorsque le pendant nous est déjà l'après nous?
Un leblase est-il ainsi moins réel à ceux qui ne l'ont jamais vu qu'aux autres?
Pensez-vous encore qu'en ouvrant les yeux le rideau se déchire?
Percevons-nous que l'Histoire tourne en rond sur une ligne droite?

Que de questions ma bonne dame, et à quoi bon?





Version imprimable Trou du cube

assurer le bonheur du peuple

"Quand j'entends le mot échange, je sors mon slip Hadopi"

Christine A., bagagiste rue de Valois
 

La liberté d'expression, c'est comme le foot: la majorité des gens aime beaucoup mais très peu pratiquent.
Il faut dire que toujours comme le foot, c'est fatigant, ça demande de l'entraînement, une certaine agilité et c'est moins agréable sous la pluie.
Mais à la différence du foot, ça ne passe pas bien à la télé, donc impossible de trouver des sponsors.
En France tenez, pays merveilleux s'il en est, il y a un tas de choses: police et gaz à tous les étages, cassoulet et filles aux jupes courtes, ciel bleu et carbone dioxyde, Révolution, Académie, Cuisine, Armée et Météo françaises... ben y a pas de liberté d'expression française.
Ou alors en modèle réduit encadré par des uniformes en bleu, ou des fichiers en masse.
On peut dire que le vent de liberté qui y souffle n'y souffle pas.
Nos législateurs, ploucs de la pensée et nains de la réflexion ontologique ont préféré l'encadrer de peur qu'un citoyen, par mégarde, dise un truc pas prévu qui ferait mauvais genre à table et renverserait le pouvoir: on a donc une ou deux ONG spécialisées dans le bien-disant.
Pourtant les linguistes ayant travaillé sur le processus d'acquisition du langage chez les tout-petits (je parle des enfants) ont observé que la capacité de concevoir les pensées les plus hardies et les plus novatrices est obérée par l'impossibilité de dire les choses les plus extrêmes (même les plus horribles, ma bonne dame).
Par contre ça n'empêche pas de dire et de penser des conneries.

Devant cette pénurie le gouvernement (qui comporte un ou deux génies des maths, faut croire) a décidé de prendre le problème dans l'autre sens, à savoir transformer la sphère privée en boîte cubique genre, heu...geôle?


Si le Français ne parle pas, comment savoir ce qu'il dit?

La société française est donc confrontée à deux options, sachant que la liberté c'est aussi comme les diamants: tout le monde ne peut pas en avoir (et en plus c'est pas éternel).
  • soit on gèle les nouveautés dont les instances en place ne pourraient tirer profit en en criminalisant l'usage (ou en les surtaxant mais c'est moins drôle)
  • soit on gère la misère existentielle au moyen de l'ennui, la vulgarité, la peur et la fiction du gros lot.
Devant un tel dilemme, la République a décidé de prendre les deux options.

Il est entendu qu'entretemps les jeunes sont des criminels en puissance et les vieux des coupables pas encore démasqués.

Je sais, ça ne vous intéresse pas mais moi si et j'ai pas fini.

Comme deux ou trois d'entre vous le savent, une élection législative européenne va avoir lieu; un tiers d'entre ceux qui savent le savent, la majorité des lois s'appliquant en France sont dorénavant initiées ou approuvées par l'UE, majoritairement composée d'étrangers pratiquant parfois des libertés d'expression pas françaises, les veinards.

doit-on se contenter d'une culture muséale?
Il n'échappe donc à personne que l'abstention favorisera les disciplinés, à savoir les gens obéissant à l'extrême gauchedroite, affaiblissant la Commission alors que c'est actuellement le seul rempart institutionnel des individus contre les Immenses Industries Internationales.


un modèle de société est choisi: sauras-tu le reconnaître?

Mais c'est surtout le meilleur moyen de modérer les dérives d'un pouvoir politique français terrorisé par la population qu'il est censé administrer.
Il vaudrait mieux, donc, que les courges de libres penseurs que sont les zyeuxmuets courrent les burnes bourrent les urnes afin de maintenir un minimum d'élasticité politique et qu'on puisse, grosso modo, retarder la robotisation de nos chers descendants.
Je sais que ça vous rase, mais la barbe ça repousse.

Et puis, dois-je nécessairement écrire pour vous plaire, ou vous plaire pour écrire?
Le fait de ne pas aimer les animaux domestiques est-il compatible avec le cynisme?
J'écris ça en écoutant la sonate D960 de Schubert, jouée par Clara Haskil: faut-il interdire les fous à défaut de la folie?
Les jours vont-ils continuer longtemps à s'allonger comme çà?


Version imprimable En savoir ou pas

se la raconter en s'oubliant


"Et comme tout présent état d'une substance simple est naturellement une suite de son état précédent, tellement que le présent y est gros de l'avenir."

Leibnitz, la monadologie


Tiens, ça faisait longtemps..
A croire que j'avais oublié l'existence du shplouc. Des commentateurtrices. De Leibnitz. Des zyeuxmuets.
Du café, du clavier, de l'électricité, de mes doigts de pied.
De vous et de moi.
Serait-ce parce que, de vous et de moi je n'aurais plus retenu que moi?
C'est possible, éventuel, afffreux ou alors autre chose que mes conversations avec Kim-Il Sung auraient inspiré.

Mais je reviens, car le monde n'a plus besoin d'être sauvé: il est perdu.
Qu'on le veuille ou non il nous échappe, il nous évite, il nous élude.
A vous tous éminents bouddhologues, je rappellerai brièvement que Gautama (le nom du Bouddha sur son permis de léviter) était fils de roi en Inde. On avait prédit à son père qu'il lui succèderait pourvu qu'on l'empêchât de voir trois choses:
la misère
la vieillesse
la mort.

Résultat tous les vieux schnoks les RMIstes et les crevards étaient tenus à l'écart
.

Un concours de circonstances fit que ces trois stades de la vie lui apparurent alors qu'on le trimbalait en mobilehome.
Du coup, paf.
Questionnements, méditassebec, illuminachose, nirvanage.
Spinoza en aurait conclu qu'il est difficile d'éviter l'inévitable.

Comme vous le savez, des circonstances hyper-bouddhisatrices de misère et de mort (pour la vieillesse on n'a que des congrégateurs), leblase moi-même en a vu mais ces temps-ci ça a frappé plusieurs fois dans ma famille, dans mes amitiés, dans la proximité.
Par exemple un ami de vie, condamné et qui le sait.
Quelqu'un avec qui j'ai déjà partagé l'épreuve de la mort, mais qui malgré sa jeunesse va me devancer d'ici quelques jours (c'est peut-être fait au moment où vous lisez ces lignes) pour la prochaine séance.
Qui sait que je sais: le mensonge devant la fin ne peut exister; son regard a déjà cette puissance qui passe à travers l'ego, les peurs, les manières.
Les regards qu'on échange se passent des yeux et viennent de l'âme.
Par exemple, un blog consacré à la crémation d'un autre ami dont j'accouchai la fille.
Par exemple, un confrère compagnon assassiné là-bas.
Par exemple, le don de celle qui guide sa mère dans une mort naturelle, mort repoussée tant l'énergie vitale est obstinée, mais mort quand même.
Mort qui étrangement proclame la victoire de la vie, et prouve que la Vie n'est pas la nôtre, ni même celle de nôtre fameuse espèce humaine.

Je constate que la fin donne faim.

Ajoutés à l'augmentation du coût de la vie et du paradoxe qui fait qu'on y tient quand même, ces phénomènes humains m'ont déblogué.
Là-dessus un jeune homme de 15 ans et une jeune fille de 13 ans m'ont appris où est le trou dans le noir sur le temps en me demandant de leur en apprendre sur moi: comme dans le métro ou le TGV il y aurait donc une motrice à chaque bout?

Ainsi suis-je, frais comme un gardon en plastique, repeint en fluo et constatant cette constatation: chaque chose que j'apprends m'apprend que ce que j'ignore augmente.

Du coup, la sagesse ne consisterait-elle pas à ne plus chercher à savoir?
Savoir que leblase en sait plus vous convainc t'il qu'il en sait moins, et vive-versa ou vice-versa?
Savoir qu'on sait étouffe-t'il l'âme?
Faut-il éviter ceux qui savent?
A quoi les reconnaît-on?
Le savoir des uns nuit-il à celui des autres, de la même manière que notre ignorance se conforte dans celle d'autrui?
Pourquoi l'orange est-elle amère?


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